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Joel et Ethan Coen

Publié le 04/03/2009 à 12:00 par badclown
Joel et Ethan Coen
C'est dans les années 1980 que les frères Coen se décident à travailler ensemble pour le cinéma. Ils se complètent efficacement, Joel s'occupant plus de la réalisation et Ethan de la production. Leur premier long métrage est signé en 1984 pour 'Sang pour sang'. En 1987, ils connaissent leur premier gros succès avec 'Arizona Junior'. John Goodman était déjà présent. Ce dernier, s'il ne sera pas de l'aventure 'Miller's Crossing' (1990), retrouvera les deux frères dans 'Barton Fink' (1991), aux côtés de John Turturro, qui deviendra également l'un de leurs acteurs fétiches. La mise en scène et la direction des frères Coen séduisent les juges de Cannes qui leur attribuent la Palme d'or pour ce film, une nouvelle fois décalé. Préférant des histoires tortueuses et souvent mystiques avec des personnages forts, ils toucheront encore le public avec 'Fargo' (1994), récompensé de trois oscars. En 1997, après un écart 'hollywoodien' avec 'Le Grand Saut' (un échec), le duo Coen remet le couvert avec la farce 'The Big Lebowski' puis 'O'Brother', sur le thème d'Ulysse. En 2001, 'The Barber ...' récolte le prix de la Mise en scène à Cannes. Ils réalisent 'Intolérable cruauté' en 2003 avec George Clooney et Catherine Zeta-Jones. Dans 'Ladykillers', ils signent le remake d'une comédie, réalisée en 1955 par Alexander Mackendrick, avec Tom Hanks dans le rôle principal. En 2008, tout leur sourit : le film 'No Country for Old Men' triomphe aux Oscars et ils font l'ouverture de la Mostra de Venise avec 'Burn After Reading'. Empreints de modernité, Ethan et Joel Coen démontrent avec talent que l'emploi de l'humour noir et d'un ton décalé peuvent produire des chefs-d' oeuvre.


Filmographie
En général, seul Joel Coen est crédité comme réalisateur.

* 1984 : Sang pour Sang (Blood Simple)
* 1987 : Arizona Junior (Raising Arizona)
* 1990 : Miller's Crossing
* 1991 : Barton Fink
* 1994 : Le Grand Saut (The Hudsucker Proxy)
* 1996 : Fargo
* 1998 : The Big Lebowski
* 2000 : O'Brother (O'Brother Where Art Thou?)
* 2001 : The Barber : l'homme qui n'était pas là (The Man Who Wasn't There)
* 2003 : Intolérable cruauté (Intolerable Cruelty)
* 2004 : Ladykillers (The Ladykillers)
* 2006 : Paris, je t'aime - segment "Tuileries"
* 2007 : No Country for Old Men - Non, ce pays n'est pas pour le vieil homme (No Country for Old Men)
* 2007 : Chacun son cinéma - sketche "World Cinema" (le sketch n'apparait finalement pas dans le film en raison de problèmes de droits)
* 2008 : Burn After Reading

Source : Evene



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Requiem pour un massacre

Publié le 03/03/2009 à 12:00 par badclown
Requiem pour un massacre
Probablement le film de guerre le plus insoutenable jamais réalisé (et en cela peut-être aussi le plus grand), Requiem pour un massacre possède une aura quasi unique dans l’histoire du cinéma. Rare et méconnue, l’œuvre, datant de 1985, a longtemps été plus ou moins perdue avant d’être redécouverte peu à peu grâce au DVD. Basé sur des faits réels et principalement l’anéantissement de plus de 600 villages biélorusses durant la seconde Guerre Mondiale, Requiem pour un massacre colle au regard d’un adolescent rejoignant la Résistance malgré son jeune âge. Le titre original, Idi i smotri (Va et regarde) est plus révélateur des choix narratifs et formels du réalisateur Elem Klimov. En effet, tout est perçu selon les sens de l’innocent, la caméra adoptant souvent directement son point de vue et la bande son se brouillant dans la confusion, comme son audition altérée par le chaos environnant.

Usant de manière sublime du format 1:33, Klimov cite largement Andréi Tarkovski, que ce soit par de longs plans séquences virtuoses ou dans son rapport aux éléments primitifs (pluie, boue, terre, feu…). A la fois ultra réaliste et fréquemment onirique (voire symbolique) Requiem pour un massacre est avant tout une plongée dans la souffrance poussée à son paroxysme. Jamais la douleur et l’atrocité n’ont été filmées avec autant d’intensité, l’auteur refusant en grande partie les lois de la progression dramatique classique. Le crescendo dans l’horreur se fait dans l’amplitude, scandé par des scènes de foule impressionnantes mais aussi par des instants spectaculaires n’ayant rien à envier à Hollywood (bombardement, fusillades, incendie final).

Mais Requiem pour un massacre, et c’est là sa force, n’est jamais divertissant, son immense beauté étant entièrement dédiée aux images les plus insoutenables. A tel point que le spectateur en est parfois réduit à détourner les yeux de l’écran. Les acteurs, en particulier le débutant Aleksei Kravchenko, se donnent avec tellement de puissance que l’on partage immédiatement leur calvaire. Ultime coup de génie, Klimov achève son œuvre sur une idée passionnante : jusqu’où peut-on remonter dans la généalogie du Mal et celui-ci n’est-il pas inhérent à l’humain ? Un questionnement tétanisant qui ne fait qu’ajouter davantage de profondeur à ce chef-d’œuvre.

Jean-Noël Nicolau

Source : Ecran Large

L'unité 731

Publié le 03/03/2009 à 12:00 par badclown
L'unité 731
Mengele, Hirt sont les noms de scientifiques nazis qui se consacrèrent à de pseudo recherches sur des cobayes humains dans certains camps de concentration. Si ces noms sont connus en occident, celui d’Ishii l’est en revanche nettement moins eu Europe. L’Allemagne nazie ne fut pas la seule à pratiquer des expériences sur des humains, témoin l’unité 731 de l’armée impériale japonaise.
L’unité 731 servit aux essais et à la mise au point d’armes bactériologiques, lesquelles furent testées sur une variété d’hommes de différentes races et même sur des populations entières. A la différence de Mengele, Hirt ou d’autres pseudos scientifiques nazis, les savants japonais ne furent jamais jugés pour crimes de guerre par contumace et décédèrent tranquillement.

Depuis quelques temps maintenant les pays voisins du Japon font ressurgir un passé que les nippons se refusent à reconnaître. Le dernier épisode en date est celui des femmes de confort coréennes, qui furent violées par les troupes japonaises, avant d’être mises dans une maison close. Moins connu mais tout autant égal à ce que pratiqua l’Allemagne nazie dans ses camps de concentration, l’unité 731 se caractérisa pendant la seconde guerre mondiale par ses expériences réalisées sur des hommes, voir même des populations entières.

Dès la déclaration de guerre du Japon aux Etats-Unis, le clairvoyant amiral Yamamoto précisa à ses supérieurs qu’il faudrait écraser l’Amérique rapidement, sans quoi l’empire du soleil levant finirait inévitablement par être vaincu, grâce à la puissance industrielle des Usa. En décembre 1941, le Japon menait une guerre sur plusieurs fronts, laquelle avait commencée dès 1931 par l’invasion de la Chine. L’armée impériale se battait ainsi sur plusieurs fronts et ses réserves en troupes n’étaient pas inépuisables, aussi fut-il admis d’avoir recours à certains types d’armes spécifiques. D’autre part, les visées expansionnistes et les convictions racistes des japonais furent en tous points égales à celles d’Adolf Hitler. Les japonais n’hésitèrent pas à avoir recours à des armes chimiques ou bactériologiques lors de certaines opérations.

La première de ses armes utilisée ne fut autre que l’ypérite, un gaz de combat qui avait été naguère utilisé sur les champs de bataille au cours de la première guerre mondiale. Le japon importa dès 1933 les équipements destinés à la production de ce gaz, lequel fut utilisé dans les montagnes de la province de Sanshi, en Chine. Mais l’ypérite n’offrait que des résultats médiocres, aussi fut-il décidé de créer une unité spéciale dédiée aux recherches relatives à la guerre bactériologique. Baptisée unité 731, cette troupe établit ses quartiers dans la banlieue de Harbin, en Mandchourie, et procéda à ses expériences sous le couvert d’unité de prévention épidémique et d’approvisionnement en eau potable. Le lieutenant général Shiro Ishii fut nommé à la tête de l’unité 731.

Ishii avait suivi des études de médecine à l’université impériale de Kyoto, avant d’intégrer la garde impériale ou il fut nommé chirurgien militaire. En 1924, il se spécialisa dans la recherche bactériologique, la médecine préventive et la pathologie. Après un voyage en Europe au cours de l’année 1930, il fut promu commandant et fit partie du service de prévention des épidémies de l’école de médecine de l’armée qui venait d’être construite à Tokyo. Environ un an plus tard, Ishii créa un filtre à eau novateur, qui avait la particularité de débarrasser une eau stagnante de toutes ses bactéries. Quelques années plus tard, le fameux dispositif fut adopté aussi bien par l’armée impériale que par la marine. Ishii s’était fait remarquer par ses supérieurs qui lui conseillèrent alors de tourner ses travaux vers l’étude de bacilles nettement plus dangereux, toujours sous le couvert du service de prévention des épidémies et de la filtration de l’eau. Afin de garder le secret sur ses expériences, il établit son laboratoire en Mandchourie.

Le but des travaux entamés était de mettre au point une arme bactériologique, pour ce faire, les meilleurs chercheurs du laboratoire de prévention des épidémies de Tokyo lui furent affectés. Le nombre de scientifiques croissant régulièrement, il fut décidé de déménager le laboratoire de banlieue pour le réaffecter en ville. Le service bactériologique de l’unité 731 fut alors divisé en une douzaine de sections dont chacune étudiait les possibilités de transformer toute une variété de maladies contagieuses en arme bactériologique. La peste, l’anthrax, la dysenterie, le typhus, la typhoïde, le choléra, la gangrène gazeuse, la grippe, la variole, le tétanos, la tuberculose, la fièvre hémorragique furent parmi les maladies étudiées ainsi que les vecteurs possibles de propagation, ainsi que de nouveaux produits chimiques toxiques et, les effets de différentes blessures, mutilations ou brûlures sur les hommes.

Ishii était notamment intéressé par la peste, qu’il inocula à plusieurs prisonniers servant de cobayes dès 1933. Ces derniers étaient au départ des prisonniers condamnés à mort et détenus à la prison de Harbin. Lorsque ceux-ci vinrent à manquer, Ishii se tourna vers les soldats chinois, des russes (car Harbin avait un nombre élevé de résidants russes), des intellectuels, des ouvriers ou tout autre personne opposée de près ou de loin à l’occupation japonaise. Lorsque le Japon déclara la guerre aux Etats-Unis, ce furent également des prisonniers américains, britanniques ou néo-zélandais qui furent employés. Quant à la population civile, elle ne fut pas épargnée puisque certaines « recherches » furent aussi bien menées sur des femmes enceintes que des enfants en bas âge, voir même des foetus. Les témoignages de certains vétérans de l’unité 731 font part également de « curiosité » au sens ou certaines expérimentations ont été menées sans réelle recherche, notamment les dissections de détenus encore en vie. Au total, ce ne sont pas moins de 3 000 personnes qui furent sacrifiées.

L’unité 731 pouvait, dans les quartiers spéciaux, détenir jusqu’à 200 prisonniers, lesquels subissaient les différentes expériences d’Ishii et de ses collaborateurs.

En matière d’horreur, les japonais arrivèrent au moins à la hauteur des nazis. Certaines expériences portèrent sur la congélation des cobayes humains ou encore sur les brûlures étalées. Tout comme à Auschwitz, certains autres furent soumis à une exposition prolongée aux rayons x, d’autres encore furent privés d’eau jusqu’à ce que mort s’en suive. Certains cadavres portaient également des traces de mutilation ou d’amputation. Les expériences portèrent également sur l’inoculation de certains agents chimiques ou sur les transfusions avec liquides autres que le sang humain. Une partie de ces expériences furent filmées.

Les recherches relatives à la peste permirent à Ishii de déclencher des épidémies en Chine, en larguant des vecteurs contaminés tels que du riz ou encore des insectes, notamment des puces.

Le riz permettait d’attirer les rongeurs qui, une fois piqués par les puces, devenaient à leur tour porteurs de la maladie, propageant ainsi la peste comme elle avait été véhiculée auparavant en Europe. Certaines provinces chinoises furent également victimes de tentatives de propagation de la typhoïde ou de l’anthrax. Une des « découvertes » d’Ishii reposa sur la construction d’une bombe bactériologique, capable de contaminer une étendue de 50 km2. Ces bombes, à fragmentation, infectées de virus de la peste et du choléra furent larguées sur les villes chinoises de Ningbo, dans la province de Zhejiang. Un an plus tard une attaque similaire fut réitérée, cette fois-ci sur la ville de Changeth, qui fit 10 000 victimes. L’emploi de telles armes permettait de vider certaines régions de leurs habitants et d’éviter la perte de troupes japonaises.

De nombreuses épidémies de peste continuèrent ainsi à se propager après la fin de la seconde guerre mondiale jusqu’en 1948, malgré l’éradication de la peste du territoire chinois bien avant le déclenchement du conflit. Le typhus perdura jusqu’au milieu des années 1950 et l’on trouve aujourd’hui encore des anticorps dans le sang des animaux domestiques.

Mais le vent tourna et le Japon subit défaite sur défaite. En 1944, la situation était déjà désespérée et seule une arme miraculeuse aurait pu modifier le cours de l’histoire. Mais les japonais, malgré leurs recherches aussi bien en matière d’armes atomique (lesquelles étaient loin d’être avancées) que bactériologique ne purent renverser le cours de l’histoire.
Lorsque l’union soviétique entra en guerre contre le Japon le 8 août 1945, jour ou Nagasaki fut victime du bombardement atomique, les japonais essayèrent de détruire toute trace des activités de l’unité 731, craignant d’être capturés par l’armée rouge.

Les prisonniers reçurent alors de la nourriture contaminée au cyanure de potassium, ceux qui n’en mangèrent pas furent exécutés à la mitrailleuse. Les corps furent réunis dans une fosse que les japonais enflammèrent. En raison du grand nombre de cadavres, certains ne brûlèrent pas et furent par la suite passés à la broyeuse. L’unité 731 fut la première troupe de l’armée du Kwantung à être évacuée au Japon avant même les officiers d’état-major. Bâtiments, fours crématoires et autres matériels furent dynamités. Ishii et ses comparses ne furent pas les seuls à pratiquer ce genre d’expériences, puisqu’il existe quelques cas de témoignages de dissection de prisonniers vivants, notamment à l’université impériale de Kyushu par le professeur Ishiyama. 8 membres d’équipage d’un bombardier B-29 furent notamment utilisés lors d’opérations de vivisection entre mi-mai et début juin 1945. Il exista également l’unité 100, stationnée elle aussi en Mandchourie, dont le but principal fut de tester des germes sur le bétail comme sur des cobayes humains, dans le but d’infecter le bétail des adversaires.

A la différence du premier ministre et ministre de la guerre Hideki Tojo et des 25 autres accusés qui furent traduits en justice pour crimes de guerre une fois le japon envahi, Ishii n’eut jamais à s’inquiéter d’un éventuel procès. Ses travaux avaient fortement intéressé les américains qui ne tenaient pas à ce que les soviétiques puissent s’emparer des recherches menées par l’unité 731. Toutefois, l’Urss avait réussi à capturer l’un des responsables de l’unité, qui ne fut pas long à admettre l’utilisation de cobayes humains dans le cadre des recherches sur la guerre bactériologique. Ishii de son côté fut interrogé par les américains, dont l’état-major et Mac Arthur en tête (alors suprême commandant des forces alliées dans le pacifique) nièrent formellement l’utilisation de prisonniers à des fins de recherche. La guerre de Corée permit de mettre en évidence la récupération d’Ishii et de ses travaux au profit des américains, qui s’en servirent contre les nord-coréens.

La méthode employée fut pratiquement la même, à savoir le largage de puces comme de mouches porteuses de maladies, cette fois-ci au dessus de rizières. L’apparition d’une espèce inconnue de mouches dans la région à la suite du survol des rizières par des avions américains permit d’établir un lien, lequel fut confirmé lorsqu’une épidémie d’encéphalite se propagea dans les semaines qui suivirent. Elle fut toutefois contenue dans un périmètre relativement restreint dans la région de la frontière sino-coréenne.

Quant aux anciens membres de l’unité 731, nombre d’entre eux occupèrent après guerre des postes d’importance, notamment au sein des universités, dans l’industrie pharmaceutique ou encore à la tête de l’association médicale japonaise. Pendant approximativement trente ans, japonais comme américains gardèrent le secret sur les expériences d’Ishii et de sa troupe. Ce dernier décéda en 1959, sans qu’aucune poursuite n’ait été lancée contre lui, ce malgré le témoignage de plusieurs prisonniers américains, britanniques et chinois ayant survécu aux traitements infligés au sein de son unité.

Ce ne fut qu’en 1984 que la véritable fonction de l’unité 731 fut découverte, dans toute son horreur. Un étudiant découvrit un dossier ayant appartenu à un ancien militaire, lequel comportait des photos de prisonniers victimes du tétanos et des rapports médicaux explicites, chez un bouquiniste dans la banlieue de Tokyo. Il n’en reste pas moins que la reconnaissance des crimes de l’unité 731 est encore fragmentaire au Japon. Elle est inconnue du grand public et n’est mentionnée dans aucun manuel scolaire. En 2002, un tribunal japonais a officiellement reconnu l’existence de cette unité, sans toutefois préciser la nature de ses activités.

Par Anthony Legrand pour Armees.com

Les Mound Builders

Publié le 03/03/2009 à 12:00 par badclown
Les Mound Builders
Les Mounds Builders (bâtisseurs de tumulus) désignent un ensemble de peuples amérindiens disparus avant l'arrivée des Européens, dans toute la moitié orientale des États-Unis actuels. Cette civilisation précolombienne se distingue par ses constructions de tertres, pyramides et effigies animales gigantesques en terre. Elle s'est épanouie de l'an 1000 avant J.-C. au XIVe siècle de la côte Atlantique au Mississippi. On estime à plusieurs milliers le nombre de ces édifices, pour la plupart détruits par l'érosion et le machinisme agricole : on en a identifié 120 pour l'instant. Ces monticules de terre étaient de formes coniques ou pyramidales et de tailles variées. Les archéologues n'ont pas de certitude sur leur fonction, faute de sources écrites. La plupart s'accordent à dire qu'il s'agissait de tombes et de sanctuaires. D'autres hypothèses parlent d'observatoires astronomiques. Certains de ces tertres sont groupés, entourés d'une levée de terre alors que d'autres sont isolés. Au XIVe siècle, les Indiens bâtisseurs cessent leurs activités. Leur culture disparaît mystérieusement peut-être à cause d'un changement climatique, d'épidémies ou de guerres tribales.


Premières découvertes archéologiques
C'est à partir de 1784 que Thomas Jefferson décide de fouiller systématiquement les tertres de sa propriété en Virginie. Les colons américains avaient repéré ces formes et leur avaient donné des explications parfois extravagantes : était-ce les restes des réfugiés de l'Atlantide ? des monuments construits à l'aide de mammouths apprivoisés ? Jefferson, passionné de science, fouille d'abord un tertre de forme conique, mesurant 6 mètres de hauteur. Il exhume de grandes quantités d'ossements humains mélangés ; pour comprendre le site, il met au point une méthode archéologique (la stratigraphie) toujours utilisée par les archéologues. Les fouilles révèlent que la terre qui recouvrait les corps était apportée panier par panier car les Indiens ne disposaient ni de la roue, ni d'animaux de trait. Au fil des générations, les monticules pouvaient ainsi atteindre 30 mètres.


Les Adenas
Les plus anciens Mound Builders sont l'œuvre des Adenas qui vivaient dans l'Ohio actuel. Les premiers paysans adenas sont arrivés vers 1000 avant J.-C. ; ils habitaient dans des villages et ont aménagé des tertres immenses comme le tertre du mammouth (25 mètres de haut). À partir de 1901, on trouve 132 pipes dans un seul tumulus. Ce nombre montre que la coutume de fumer était importante. D'autres tumulus couronnés d'une plate-forme servaient sans doute à invoquer les esprits protecteurs (cerf, loup, ours). On a retrouvé des effigies en stéatite de ces animaux. Des fossés pouvaient protéger l'enceinte sacrée des mauvais esprits. Vers 300 avant J.-C., les Adenas ont mystérieusement disparu.


Les Hopewells
Les Indiens Hopewells ont remplacé les Adenas dans cette région. Ils construisaient aussi des tertres coniques et des tumulus circulaires entourés d'un mur. Plus tard, ils ont aménagé des complexes immenses de ces édifices, qui étaient liés entre eux grâce à un réseau de murs. Dans plusieurs sites ont été mis au jour des talismans, des coquillages et dents de requins qui témoignent d'un réseau d'échanges nord-américain il y a presque 2000 ans. On a retrouvé des couteaux en obsidienne, une pierre coupante d'origine volcanique qui venait certainement de la région du Yellowstone à plusieurs centaines de kilomètres. Les voyages se faisaient sur des canoës légers qui allaient chercher au Canada du cuivre. Les artisans indiens les martelaient à froid pour fabriquer des objets cérémoniels.

Près de Newark, dans l'Ohio, on a repéré un complexe monumental s'étendant sur 11 km² et comprenant une figure d'oiseau de 360 mètres de diamètre pour le grand tertre ; les terres utilisées étaient de différentes couleurs pour leur signification symbolique. Chef d'œuvre technique de l'âge de pierre, un octogone servait peut-être d'observatoire érigé selon le lever de la lune. Les Indiens avaient peut-être compris le cycle de 18,6 années de l'astre nocturne. L'autre hyptothèse assimile cet octogone à un canal d'énergie céleste vers le lieu de culte. La Great Hopewell Road mesurait 100 km sur 60 m de large, toujours rectiligne, et entourée de deux murs. Cette sorte de voie sacrée débouchait sur une enceinte sacrée, réplique de celle de Newark.

S'en suit une période de sédentarisation avec de petits villages fortifiés de remparts. Les tertres prennent alors des formes animales. Près de la Great Hopewell Road, on a retrouvé l'effigie géante d'un alligator (ou panthère des eaux), symbole d'un esprit du monde inférieur. Un autre tertre, appelé tertre du serpent, mesure 380 mètres. Le serpent était une divinité qui symbolisait la renaissance (par la mue). Au bout de la queue du serpent se trouvait l'entrée du royaume des morts. Le tertre du serpent était peut-être un calendrier solaire. Au solstice d'été était organisée une procession jusqu'aux yeux du serpent, lieu hypnotique ou de contact avec les puissances surnaturelles. Résultant de calculs astronomiques savants, le soleil se couche sur la tête du serpent.


Cahokia
Sur le fleuve Mississippi, non loin du site actuel de Saint Louis, les Amérindiens ont érigé des tertres. La région était en effet riche en nourriture (gibier, poisson et céréales). Cahokia fut la première véritable ville d'Amérique du Nord et rassemblait au moins 20 000 habitants. Les rues formaient un quadrillage régulier.

Un tertre pyramidal à gradins s'y trouvait, appelé tertre des moines. Sa base mesurait 250 sur 300 mètres ; elle était donc plus large que celle de Khéops en Égypte. Les archéologues ont trouvé une tablette en grès avec un homme gravé portant un masque en forme de bec. Au verso figure un quadrillage représentant peut-être la peau d'un serpent, créature du monde inférieur. Au XIIIe siècle, des puissances étrangères semblent avoir menacé la ville de Cahokia. Un mur en bois de 3 km de long entoure alors le sanctuaire. Il a été restauré quatre fois en un siècle.
Toujours sur le même site, on a trouvé la tombe d'un chef, allongé sur une couverture funéraire en coquillages. Il était enterré avec des corps sacrifiés (4 hommes aux mains et têtes coupées). On avait aussi placé 400 pointes de flèches ouvragées spécialement fabriquées pour le chef, un sceptre en cuivre et plusieurs kilos de micaschiste, signe de son haut rang. Plusieurs tombes collectives avec des femmes du même âge se trouvent à proximité, peut-être victimes d'un sacrifice en l'honneur du chef.


Louisiane
Il y a moins de 4000 ans, un peuple (les "indiens du fleuve") arrive en Louisiane ; ils érigent une ville vers 1750 avant J.-C. à Poverty Point avec un des plus gros tumulus connus ; on a retrouvé 6 murs d'enceinte en terre mesurant jusqu'à 2 mètres de haut, des huttes, une place, le tout dominé par un tertre en forme d'aigle. Sur une autre rive, le tertre émeraude, géométrique, expose deux temples face à face sur la plate-forme supérieure.


Wisconsin
Une autre ville a été repérée dans le Wisconsin dans le parc d'Aztalam près des Grands Lacs. Une pyramide en terre comprenait des escaliers qui montaient à 25 mètres de haut. On aperçoit aussi la figure d'homme longue de 70 mètres. Il s'agit peut-être d'un mémorial pour homme-médecine.

À l'est du Wisconsin, le parc d'une clinique abrite des tumulus : on a retrouvé les restes d'une famille enterrée autour d'un assemblage de pierres avec œuf à l'intérieur. L'édifice était relié à trois tertres en forme d'aigles, figurant peut-être la famille enterrée.

Source : Wikipedia

Belle Gunness

Publié le 03/03/2009 à 12:00 par badclown
Belle Gunness
Informations personnelles

Belle Gunness est née Brynhild Storset, dans un petit village de pêcheurs sur la côte ouest de la Norvège.
Durant son enfance, les Storset vécurent dans la pauvreté qui frappait la famille par intermittence, causée par l’insuccès des diverses entreprises commerciales de son père.
Adolescente, Brynhild était triste, rondelette et plutôt laide, avec un caractère revêche. Toutefois, elle était intelligente et manipulatrice, des qualités qu’elle allait affiner par la suite.
Sa soeur, Anna, préféra partir "en Amérique" et épousa un homme appelé John Larson, à Chicago.
Sachant que sa petite soeur Brynhild s’ennuyait en Norvège, Anna l’invita à Chicago. Brynhild se précipita joyeusement vers le "Nouveau Monde" en 1881, à 21 ans.
Elle vécut avec sa soeur et son époux durant un moment, dans une communauté norvégienne grandissante, qui avait peu de contacts avec les "Américains ". Brynhild "américanisa" toutefois son nom en devenant "Bella" Storset, puis "Belle".

En 1884, elle rencontra un émigrant norvégien nommé Mads Sorenson, surveillant de magasin, un homme courageux et travailleur, qui voulait de nombreux enfants. Belle tomba amoureuse de lui et, à 25 ans, elle l’épousa.


Crimes et châtiment

En 1896, après 12 années de mariage, Belle Sorenson s’était lassé de son existence médiocre et s’ennuyait dans son ménage.
Cette même année, le couple ouvrit un magasin de confiserie dans l’espoir de mieux gagner sa vie, mais le commerce n’eut pas beaucoup de succès, et cela rappela douloureusement à Belle les échecs de son père en Norvège. En 1897, le magasin brûla lors d’un incendie provoqué, selon Belle Sorenson, par l’explosion d’une lampe à kérosène. La compagnie d’assurance paya bien qu’aucune lampe n’ait été trouvée dans les ruines fumantes.

Durant la même période, la fille la plus âgée du couple, Caroline, mourut de ce que le médecin de famille appela "des coliques aiguës". L’enfant n’avait pas souvent été malade auparavant et décéda brusquement, laissant derrière elle une mère apparemment très éplorée. La vie de Caroline avait été assurée, comme le magasin, et de l’argent fut versé aux Sorenson juste après le décès de la fillette.

Le couple utilisa l’argent des deux assurances pour acheter une grande maison. Malheureusement, le feu la détruisit complètement en 1898... pourvoyant d’autres payements d’une compagnie d’assurance.
La même année, le premier garçon du couple, Alex, mourut lui aussi de "coliques aiguës", et Belle Sorenson toucha à nouveau de l’argent. (Aussi bien pour la mort de Caroline que pour celle d’Alex, le médecin diagnostiqua que les enfants étaient morts de "coliques aiguës ", sans chercher plus loin, alors que les symptômes indiquaient qu’ils avaient été empoisonnés. Mais il est vrai qu’à l’époque, on ne pouvait pas procéder à des analyses poussées et l’on n’aurait jamais soupçonné qu’une femme tue ses propres enfants).

Comme ils l’avaient fait précédemment, Belle et Mads Sorenson utilisèrent l’argent des assurances pour acheter une nouvelle maison, encore plus grande.

Mads Sorenson ne travaillait plus depuis un moment : il souffrait d’une maladie du coeur et devait suivre un traitement contraignant. Le 30 juillet 1900, il mourut soudainement chez lui, avec les symptômes classiques d’un empoisonnement à la strychnine. Belle admit avoir donné à son mari "une poudre" pour l’aider à "faire passer son rhume", mais le médecin de famille ne demanda pas qu’une autopsie soit pratiquée. Il pensa qu’il était mort "d’une crise cardiaque".
(Toutefois, on apprit par la suite que Mads Sorenson était mort le jour même où deux assurances sur la vie prises à son nom doublaient leur valeur...).

La veuve Sorenson collecta l’assurance vie de son défunt mari (8000 dollars, une très grosse somme pour l’époque), vendit sa maison, et quitta Chicago pour s’installer à La Porte, dans l’Indiana, avec les trois enfants qui lui restaient. Deux étaient ses filles naturelles : Myrtle, née en 1897 et Lucy, née en 1899. La petite dernière, Jennie Olsen, avait été adoptée.

La Porte était une petite ville où vivaient beaucoup d’émigrés norvégiens. Mads Sorenson avait songé à s’y retirer "dans ses vieux jours" et en avait parlé à Belle.
Elle acheta une vieille ferme bordée par une forêt d’un côté et un verger de l’autre. Elle travailla dur et fit de la ferme une grande et belle maison, agréable à vivre, au soulagement de ses voisins, qui en avaient assez de vivre à côté d’une ruine.

En avril 1902, à 43 ans, Belle Sorenson épousa un fermier d’origine norvégienne, un grand blond barbu aux yeux bleus, appelé Peter Gunness.
Il amena à la ferme un petit garçon qu’il avait eu d’un précédent mariage, mais le bébé contracta rapidement une maladie et mourut. Peter Gunness n’eut pas le temps de s’attrister, car il fallait travailler aux champs et à la ferme. Irriguer, planter, semer, puis couper et récoler le maïs, le couple n’avait pas une minute à lui. Les enfants aidaient eux aussi en nourrissant les cochons, en nettoyant les épis, en ratissant... Peter et Belle Gunness faisaient souvent le marché pour vendre leur bétail ou échanger de l’engrais contre des outils.

Malheureusement, Peter Gunness décéda seulement huit mois après leur mariage. Le 16 décembre 1902, il fut tué lorsqu’un lourd broyeur de saucisses "tomba" de l’étagère où il était posé, directement sur son crâne. Belle Gunness reçut à nouveau de l’argent d’une compagnie d’assurance.
(Il y eut une enquête mais le shérif, malgré ses soupçons, ne put rien trouver de concluant et décida que la mort de Peter Gunness était bien accidentelle).

Un fils, Philipp, naquit malgré tout de leur brève union, en 1903.

Veuve pour la deuxième fois, n’ayant que les enfants pour l’aider à la ferme, Belle Gunness commença à embaucher des hommes qui travaillaient un moment puis, apparemment, s’en allaient. En tout cas, on ne les voyait plus.
Belle plaça également des annonces à la rubrique "Rencontre" d’un journal de langue norvégienne diffusé dans tout le Midwest, et reçu toute une série de "maris éventuels" dans sa ferme. Toutefois, aucun ne lui convint... et aucun ne fut revu par la suite.

Jennie Olsen disparut corps et âme en 1906. Lorsque des voisins demandèrent à Belle où elle était, elle répondit que sa fille adoptive avait été "envoyée en Californie, dans une école spécialisée".

Toutes ces disparitions auraient pu provoquer la suspicion, mais Belle Gunness était une femme appréciée, polie et sympathique. Blonde aux yeux bleus, dotée d’un physique "généreux" (elle méritait son prénom, selon les canons de beauté de l’époque), elle attirait les hommes et personne ne s’étonnait que des prétendants viennent chez elle. On pensa tout simplement que ces hommes étaient repartis chez eux.

Les gens de La Porte étaient discrets, gentils... et se mêlaient de leurs affaires. Ils admiraient Belle Gunness, qui restait souriante et forte malgré les malheurs qui l’avaient touchée (ses deux veuvages et la perte de deux de ses enfants).

Très tôt, le matin du 28 avril 1908, la ferme des Gunness fut ravagée par le feu. Presque tous les voisins tentèrent d’entrer pour sauver Belle Gunness et ses trois enfants, mais les flammes créaient un mur impénétrable. En peu de temps, il ne resta plus rien. La ferme, les bâtiments d’habitation et même les arbres alentours, tout avait brûlé.
Des volontaires, creusant dans les débris, découvrirent quatre corps carbonisés à la cave. Trois étaient de toute évidence des enfants. Le quatrième corps, une femme décapitée, fut considéré comme celui de Belle Gunness.

Tous les habitants de La Porte furent affligés et consternés. Pauvre Belle Gunness, pauvre Myrtle, Lucy et Philip...

Le Sherif Al Smutzer et ses adjoints, Leroy Marr et William Antiss, pensèrent immédiatement à un meurtre. Le juge local aussi. Le pasteur aussi. Les journaux locaux aussi. Les habitants de la ville, de même. Les voisins de Belle Gunness encore plus.
Tous les soupçons se portèrent sur un seul et même homme, Ray Lamphere.
Presque tout le monde en ville avait déjà entendu Lamphere proférer des menaces contre Belle Gunness après qu’elle l’ait renvoyé de sa ferme, en février de la même année. Il avait travaillé pour elle durant plusieurs années et ils s’étaient bien entendus. Lamphere s’était même vanté d’avoir "séduit" Belle Gunness et d’être prêt à l’épouser. Mais elle lui avait préféré un autre homme, un certain Andrew Helgelein, un grand gaillard d’origine suédoise. Belle avait mis Lamphere dehors pour récupérer sa chambre à la ferme, et y installer Helgelein jusqu’à leur mariage. (Helgelein avait disparu, lui aussi et Belle s’était plaint qu’il avait "profité d’elle" avant de partir).
Les adjoints interrogèrent Lamphere, qui n’avait pas d’alibi. Il fut arrêté et conduit en prison, dans l’attente de son inculpation. Il jura de son innocence, tant au shérif qu’aux journalistes, mais personne ne le crut.

Quelques jours plus tard, Lamphere se retrouva au tribunal et réalisa que les menaces qu’il avait proférées faisaient de lui un coupable idéal. Il n’avait pas assez d’argent pour engager un avocat. Le juge pensait qu’il avait tué Belle Gunness, mais il devait d’abord prouver que Belle Gunness était morte, que le corps de femme découvert dans les débris de la ferme était bien celui de la veuve.

Et, sur ce dernier point, les habitants de la ville commençaient à se poser des questions. Peu de gens croyaient que le corps sans tête fut celui de Belle Gunness car il était moins rond et plus petit, alors que Belle était corpulente.
Soudain, des doutes apparurent. Pourquoi tant de prétendants de Belle étaient-ils venu dans sa ferme et avaient-ils disparus, laissant souvent leurs effets personnels derrière eux ?
On avait vu Belle marcher dans les champs avec le long manteau de l’un d’eux, le chapeau d’un autre.
Où était la petite Jennie ? L’école où elle était censée s’être rendue, à San Francisco n’avait finalement jamais entendu parler d’elle.
Où Belle Gunness trouvait-elle tout son argent ? Elle vivait trop bien avec les maigres revenus que lui permettaient ses récoltes.

Début mai, des volontaires fouillant les gravas de la ferme découvrirent des montres d’hommes, des boutons de manteaux, des portefeuilles vides. Puis, une cage thoracique d’homme, récemment enterrée. Puis un bras de squelette. Et enfin, un squelette complet.
Le Shérif Al Smutzer, qui ne voulait pas qu’un scandale éclabousse la petite ville calme de La Porte, embaucha Joe Maxson (un ancien employé de Belle Gunness) et un voisin de Belle, Daniel Hutson, pour creuser discrètement dans les décombres, afin de voir s’ils trouvaient autre chose. Le Shérif cherchait plus particulièrement la tête de Belle Gunness et voulait que Maxson et Hutson ne parlent de leur découverte qu’à lui.

Mais les deux hommes ne purent se cacher pour creuser : les habitants de La Porte venaient presque quotidiennement sur le domaine de la ferme. Parfois, ils s’arrêtaient et se signaient pour détourner le démon qui couvait au milieu des ruines.

Le lendemain de la macabre découverte, un petit homme entra dans le bureau du Shérif et se présenta comme le frère d’Andrew Helgelein, du Dakota du sud, qui avait courtisé Belle Gunness au grand dépit de Lamphere, puis avait disparu.

Le petit homme, Asle Helgelein, savait que son frère Andrew était arrivé à La Porte en janvier 1908, pour retirer tout l’argent de son compte en banque "avec Belle Gunness à ses côtés". Asle Helgelein avait lu dans un journal que la ferme de Gunness avait brûlé et, puisqu’il n’avait plus entendu parler de son frère depuis qu’il était arrivé à La Porte, il était venu enquêter.
Asle expliqua que son frère avait répondu à une annonce de rencontre et que Belle et lui s’étaient écrit des dizaines de lettres en six mois. Belle Gunness avait demandé à Andrew de la rejoindre à La Porte, pour l’épouser. Asle trouvait étrange qu’après une correspondance si longue, et après qu’Andrew ait donné à Belle tout son argent (environ 1800 dollars), il soit parti sans laisser de nouvelles. Ça n’avait pas de sens.

Les lettres de Belle étaient terre-à-terre et la décrivaient comme "une gentille femme norvégienne " qui cherchait un époux fidèle, un amant et un homme qui l’aiderait à pourvoir ses besoins et ceux de ses enfants. En lisant les lettres, on pouvait toutefois réaliser que les motivations de Belle tournaient de plus en plus autour de l’argent. Elle voulait qu’Helgelein prenne son argent et vienne la voir le plus rapidement possible.

Le Shérif Smutzer pensa que Asle exagérait. Belle Gunness, selon lui, n’était pas une chercheuse d’or et sûrement pas une meurtrière. Mais Asle Helgelein ne fut pas convaincu par les arguments du Shérif. Il apprit que des gens creusaient la ferme de Belle Gunness et on lui dit que des objets (montres, portefeuilles...) avaient été trouvés dans la propriété. Asle pensa qu’il pourrait peut-être trouver un objet appartenant à son frère.

Il se présenta à Joe Maxson et Daniel Hutson et offrit de les aider. Il demanda à Maxson si Belle avait creusé un trou dans sa propriété, peut-être pour y enterrer des détritus ou des cendres, depuis janvier (date à laquelle son frère était à La Porte). Maxson répondit par l’affirmative. Il y avait une large fosse à ordures derrière la maison, près de l’enclos à cochons. Elle y avait jeté des vieilles chaussures, des os de cochons, des boîtes en fer blanc, etc.
Asle saisit une pelle et commença à creuser à l’endroit que Maxson avait désigné. Les deux autres hommes se mirent à creuser avec lui. Ils découvrirent des bottes, des cageots et des détritus. Mais ensuite, une odeur immonde les prit à la gorge. Leurs pelles heurtèrent quelque chose recouvert d’une toile cirée et de sacs de jute. La puanteur devint plus forte. Les trois hommes soulevèrent la toile et aperçurent un bras humain. Ils déterrèrent le corps décomposé d’un homme. Asle reconnut son frère.
Le cadavre d’Andrew Helgelein avait été démembré et les morceaux avaient été emballés hâtivement dans des sacs de farine et des tissus.
Le Shérif arriva sur les lieux et les fouilles continuèrent. Avant que la nuit ne tombe, les quatre hommes déterrèrent quatre autres corps, deux hommes et deux femmes, démembrés et emballés comme l’avait été Helgelein. L’une des femmes était la jeune Jennie Olsen, la fille adoptive de Belle Gunness, qui n’était donc pas partie en Californie.

La ville de La Porte se réveilla en poussant un cri de terreur. Belle Gunness, la gentille et solitaire Belle Gunness que tout le monde plaignait, était en fait une "veuve noire", une "madame Barbe Bleue" meurtrière.
Le Sherif Smutzer ne pouvait plus cacher la vérité au reste du monde et la calme La Porte devint un cirque médiatique du jour au lendemain. Des trains amenèrent des journalistes, provenant de villes aussi proches que Terre Haute, dans l’Indiana et aussi loin que Seattle ou New York. Ils s’installèrent dans le plus grand hôtel de la ville et son hall devint une véritable salle de presse. Jours et nuits, des fureteurs, des photographes, des écrivains erraient autour de la ferme de Belle Gunness. Ils interceptaient les résidents de la ville pour leur demander des renseignements sur Belle Gunness, quels qu’ils soient.
Beaucoup d’habitants la connaissaient et exprimèrent leur surprise. Mais à présent qu’ils y pensaient, les agissements de Belle Gunness avaient quelque chose de suspicieux. Tant d’hommes étaient passés chez elle et n’avaient jamais été revus...

Ainsi, on se demanda où était passé Ole Budsberg. Il avait lui aussi été un "futur époux potentiel" pour Belle. Il avait retiré 1800 dollars de son compte le 26 avril 1907, Belle Gunness à ses côtés, et avait ensuite disparu. Son fils avait écrit à la veuve pour savoir ce qu’il était devenu et Belle avait répondu que Budsberg était parti en Oregon.
Où était Olaf Lindbloe ? Fraîchement débarqué de Norvège, la trentaine, il avait été embauché par Belle Gunness durant l’été 1904. Il s’était installé chez elle... puis avait disparu. Belle Gunness avait affirmé qu’il lui avait fait faux bond et qu’il était finalement parti pour Saint Louis.
On se demanda aussi où était Henry Gurholt. Les commerçants de la ville se souvenaient de sa gentillesse et de la manière courtoise dont il gérait les affaires de Belle sur le marché. Il était arrivé au printemps 1905 et s’était installé chez Belle Gunness. En août, Belle avait demandé à un voisin de l’aider à entasser l’avoine parce qu’Henry Gurholt était parti travailler avec un vendeur de chevaux...
Certains ouvriers avaient travaillé à la ferme si brièvement que les habitants de La Porte ne connaissaient même pas leur nom. Ainsi, selon le boucher, un adolescent avait travaillé à la ferme durant l’été 1907 et était venu à La Porte plusieurs fois avec Madame Gunness, puis on avait cessé de le voir.

Et il y en avait eu d’autres...

Les fouilles continuèrent à la ferme et certains des hommes "disparus" furent découverts, démembrés comme les autres.
Parmi eux, on reconnu Budsberg, Gurholt et Lindbloe.
D’autres victimes furent identifiées. Le fermier John Moo (originaire d’Elbow Lake, dans le Minnesota) avait répondu à l’une des annonces de rencontres de Belle. On supposa que les autres hommes, anonymes, avaient fait de même. Un adolescent était enterré à côté de Jennie Olsen, sans doute le jeune inconnu aperçu par le boucher.
On trouva également, à un autre endroit, des chaussures de femme, un sac à main vide et un corset, qui appartenaient probablement à la femme décapitée et non identifiée découverte avec les enfants de Belle Gunness.
Il y eut une controverse sur le nombre exact de corps découvert. Le coroner de la ville identifia 10 hommes, deux femmes... et de très nombreux fragments d’os : on pense que Belle Gunness nourrit ses cochons avec les morceaux de corps d’autres victimes. Les hommes étaient enterrés ensemble dans la vase de l’enclos des cochons, et les femmes étaient dans un jardin tout proche. Il est possible que le total des victimes approchât en fait de 30 ou 40...

Les autorités commencèrent à douter des morts "naturelle" et "accidentelle" des deux époux de Belle. On apprit par la suite que même la petite Myrtle savait que sa mère avait assassiné son beau-père. Elle l’avait murmuré à l’un de ses camarades de classe, qui avait promis de garder le secret pour lui... jusqu’à ce que Myrtle meurt.

Les fouilles continuèrent et tout le monde espéra qu’on allait trouver la tête de Belle Gunness, qu’elle n’était pas parvenue à faire croire à sa mort pour s’enfuir. On ne découvrit que le "bridge" dentaire de Belle. Ignorant les nombreuses questions qui n’avaient pas trouvé de réponses, le coroner (poussé par le juge, le maire, le shérif et une partie de la ville) écrivit son rapport final le 20 mai, déclarant que Belle Gunness était décédée "des mains d’une personne inconnue".

Ray Lamphere, du fond de sa cellule, continua de jurer que Belle Gunness était encore en vie. Le 28 avril, expliqua-t-il, après que Belle ait mis le feu à sa ferme, il l’avait conduit à la gare de Stillwell, dans l’Indiana.
La police arrêta une veuve innocente, Flora Heerin, originaire de Chicago et qui allait rendre visite à des amis à New York. Elle fut rapidement libérée, mais porta plainte contre la police pour arrestation abusive.

Des hommes écrivirent au Shérif pour lui expliquer qu’ils avaient eux aussi correspondu avec Belle Gunness, mais que son grand intérêt pour l’argent les avait dissuadés de la rencontrer. Cela leur avait sauvé la vie.
Des familles du Minnesota, du Wisconsin, de la Virginie, de la Pennsylvannie, du Kansas et d’autres états contactèrent le Shérif Smutzer et le maire de la ville pour leur demander s’ils pouvaient leur indiquer ce qu’était devenu un fils, un frère, un père qui était parti rencontrer une "fiancée" à La Porte, dans l’Indiana.
George Barry avait quitté sa maison en juin 1905 pour "aller travailler chez une Madame Gunness". Il portait 1500 dollars sur lui... et n’avait plus jamais été revu.
Herman Konitzer avait retiré 5000 dollars de sa banque avant de se rendre à La Porte "pour épouser une riche veuve". Il avait disparu.
Abraham Phillips, un contrôleur de train à la retraite, avait pris 500 dollars et une bague en diamant avant de partir "épouser une veuve". Sa famille n’avait plus entendu parler de lui depuis, mais une montre à gousset de contrôleur avait été découverte dans les gravas de la ferme Gunness.
Emil Tell avait retiré 5000 dollars de son compte en banque et avait pris le train pour La Porte pour y rencontrer "une veuve". Il avait disparu.
Et la liste continuait. D’autres hommes avaient dit à leurs familles ou amis qu’ils allaient à La Porte : Olaf Jensen (un immigrant norvégien), Christian Hinckley (originaire de Chetek, dans le Wisconsin), Charles Nieburg (de Philadelphie), Tonnes Lien (de Rushford, dans le Minnesota), E.J. Thiefland (de Minneapolis),John E. Bunter (de McKeesport, en Pennsylvanie)...

Malgré tout, après un été long et très chaud, insupportablement long pour Ray Lamphere, l’accusation et la défense (un avocat volontaire, Wirt Worden) commencèrent le "procès du siècle" face au juge J. C. Richter.

Ray Lamphere plaida non coupable... et le combat commença dans un tribunal plein à craquer. Si l’avocat de Lamphere parvenait à prouver que Belle Gunness était toujours vivante, les arguments de l’accusation s’effondraient et son client ne pouvait être accusé de meurtre.
Et justement, Wirt Worden parvint à distiller le doute dans l’esprit des jurés. Les enfants pouvaient être morts d’un empoisonnement plutôt qu’asphyxiés par la fumée. La femme sans tête pouvait elle aussi avoir été empoisonnée et elle pouvait ne pas être Belle Gunness. Les dents trouvées dans les débris pouvaient ne pas être celles de Belle Gunness.
Le témoignage le plus intéressant fut celui d’un voisin de Belle Gunness, John Anderson, un homme fort respecté à La Porte, qui affirmait avoir vu Belle Gunness avec une autre femme 48 heures avant que la ferme ne brûle. La femme, une inconnue, assez corpulente, mais moins que Belle Gunness, avait été conduit à l’intérieur de la ferme par la veuve. Anderson ne l’avait plus revue.

Le 26 novembre, Ray Lamphere fut reconnu coupable d’incendie volontaire mais pas des meurtres, suggérant que les jurés avaient pensé que la mort de Belle n’avait pas été prouvée "sans qu’aucun doute ne persiste". Le jugement fut en fait un compromis, afin de satisfaire tout le monde...
Lamphere ne passa qu’un an en prison (il mourut de maladie le 30 décembre 1909), ne parlant que de l’affaire, accusant Belle Gunness de 49 meurtres qui lui avaient permis d’amasser 100 000 dollars (une fortune à l’époque) de ses victimes entre 1903 et 1908.
La femme sans tête aurait été rencontrée dans un saloon, embauchée pour soi-disant travailler à la ferme et assassinée pour faire croire à la mort de Belle. Cette dernière avait promis à Lamphere qu’elle le contacterait après s’être installée dans une autre ville, mais il semblait qu’elle ait changé d’avis.

En fait, quelqu’un vut Belle Gunness dès le 29 avril, six jours avant que les autres corps ne soient découvert. Le conducteur, Jesse Hurst, était certain que Madame Gunness était monté dans un train à la gare de Decatur, dans l’Indiana. Elle était allongée sur une civière et semblait malade.

Alors qu’il allait voir un ami de Belle Gunness, Almetta Hay, le 30 avril , un fermier de La Porte affirma qu’il vit Gunness assise, prenant tranquillement un café.
Lorsqu’Almetta Hay mourut en 1916, des voisins vinrent chez elle et fouillèrent un peu. Ils découvrirent un crâne de femme coincé entre deux matelas. Malgré tout, cette piste ne fut pas suivie et des questions ne furent pas posées...

D’après les rapports officiels, d’autres personnes affirmèrent avoir vu Belle Gunness. En 1917, un homme qui avait été son voisin durant son enfance la reconnut à l’hôpital South Bend où il travaillait comme élève infirmier. Il appela la police mais Belle Gunness disparut avant que les enquêteurs n’arrivent.
En 1931, un procureur de Los Angeles écrivit au shérif de La Porte, expliquant qu’une certaine Esther Carlson -accusée d’avoir empoisonné August Lindstrom, 81 ans, pour son argent- pouvait être Belle Gunness. Esther Carlson portait sur elle des photographies de trois enfants qui ressemblaient à ceux de Belle, mais la ville de La Porte ne pu se permettre d’envoyer son shérif à Los Angeles durant cette période (la Grande Depression) et la suspecte mourut de tuberculose avant son procès, laissant la question en suspend.
En 1935, des abonnés à un magasine de roman policier assurèrent que la photographie de Belle ressemblait beaucoup à la tenancière d’une maison close dans l’Ohio. L’un des lecteurs était allé voir la vieille femme et l’avait appelée "Belle". La dame eut une véhémente réaction et le mit dehors. Il en parla à ses amis, qui lui conseillèrent de laisser tomber. Ce qu’il fit.

Si Belle Gunness a effectivement "survécu à sa mort", elle fait partie (avec Bella Kiss) du petit nombre de tueurs en série qui, bien qu’étant identifié et devant faire face à de nombreuses preuves de leurs crimes, sont parvenu à échapper à la police et à continuer à vivre, dans l’anonymat.
Elle n’a laissé derrière elle que des rumeurs et des chansons populaires.

Source : Tueurenserie.org

Bataille du Japon feodal

Publié le 22/02/2009 à 12:00 par badclown
Bataille du Japon feodal

SEKIGAHARA (20 Octobre 1600) :
Cette bataille est la plus décisive de l'histoire du Japon, car elle achève l'unification du Japon. Elle oppose d'un côté Tokugawa Ieyasu aux partisans de son ancien maître Toyotomi Hideyoshi, après la mort de celui-ci. L'enjeu était le pouvoir militaire, économique et social sur un Japon enfin unifié.

Le 20 Octobre 1600, 210.000 hommes sous une pluie battante vont s'affronter. D'un côté les troupes de Tokugawa appuyées par les clans Sanada, Kuroda, Matsudaira,Naomasa et Ikeda. De l'autre les troupes du fils de Hideyoshi, Hideyori, appuyées par les clans Konishi, Ankokuji, Kobayakawa, Môri, Ukita et Shimazu.

La bataille est très incertaine, et va durer plus de 24 heures. C'est la défection du clan Kobayakawa en faveur de Tokugawa Ieyasu qui va faire basculer la victoire dans l'après-midi du 21 Octobre. Après cette victoire Ieyasu devint le maître incontesté du Japon et instaura une dynastie qui allait durer presque 3 siècles.

La bataille de Nagashino, est célèbre pour la percée technologique qu'elle représente, et donc la nouvelle stratégie qu'elle emploie. La première utilisation massive de l'infanterie et de mousquets face à des troupes utilisant traditionnellement la cavalerie va changer les règles du combat au Japon.


NAGASHINO (29 Juin 1575) :
En Juin 1575, Oda Nobunaga réalisant l'unification du Japon, se heurte au fils du brillant général Takeda Shingen. La position géographique qu'occupe le clan Takeda est stratégique pour le plan de Nobunaga. Se dernier s'allie donc avec un jeune général Tokugawa Ieyasu, et fort de 40.000 hommes, affronte la célèbre cavalerie lourde du clan Ikeda.

Le trait de génie de cette bataille va être l'utilisation massive de 3.000 mousquets en 3 vagues complémentaires qui vont décimer les charges de cavaliers Ikeda, et anéantir le clan entier. Pour la première fois, une armée composée de fantassins ( ashigaru ) va triompher d'une force de Bushis à cheval. La bataille de Nagashino a été racontée dans le film "Kagemusha" d'Akira Kurosawa (1980).


KAWANAKAJIMA (1553-1564) :
Série de batailles restées célèbres entre deux des plus grands généraux du Japon : Takeda Shingen et Uesugi Kenshin. A une époque où l'unité du pays restait à faire, chacun des chefs de clan voulait être le maître militaire du Japon. Pour cela la prise de la capitale, Kyôto, s'imposait.

Takeda Shingen pour agrandir la puissance de son clan, et parvenir à réunir une armée puissante attaqua son voisin, Uesugi Kenshin. La force similaire des troupes de chaque camp, et les tactiques de combat très proches, vont faire durer les affrontements durant......11 ans ! En 1553, 1555, 1557, 1561 et 1564, les deux hommes vont se combattre sur les champs de bataille sans véritablement se départager.

La dernière bataille de Kawanakajima en 1564 va enfin voir la victoire de Takeda Shingen sur son adversaire, après un affrontement direct ( et physique ) entre les deux généraux. Mais cette période de combats épuisants eut surtout comme conséquence l'affaiblissement des deux camps, leur barrant ainsi la route du pouvoir suprême du Japon au bénéfice d' Oda Nobunaga.

OKEHAZAMA (12 Juin 1560) :
Premier fait d'armes spectaculaire de Oda Nobunaga, alors seigneur d'un petit domaine, sans valeur stratégique. Cette bataille devait révéler les talents stratégiques et l'esprit d'audace et d'initiative que le futur maître du Japon allait utiliser dans ses campagnes.

Un grand seigneur de la guerre Imagawa Yoshimoto ayant pris la direction de Kyôto pour la soumettre militairement, traversa le petit domaine des Oda. Le jeune Seigneur ne disposait que de 3.000 hommes ( Bushis, paysans ) mal équipés face aux 25.000 Bushis d'Imagawa. Plutôt que de livrer un combat frontal défavorable, Oda Nobunaga préféra la ruse.Il attaqua de façon préventive son ennemi dans ses cantonements, en utilisant une tempête pour masquer son avance. L'irruption au petit matin dans le camp adverse, la capture immédiate d'Imagawa Yoshimoto et sa mort provoquèrent la déroute de ses soldats.

Cette victoire permit à Oda Nobunaga d'agrandir tout d'un coup son domaine, et de débuter sa course du pouvoir. Cette bataille par son aspect téméraire et audacieux est resté très connue au Japon. De nombreux contes et pièces de théatre ont raconté cet exploit.


Source : Samourais

La lomechuse

Publié le 16/02/2009 à 12:00 par badclown
La lomechuse
Certains comportements semblent typiquement humains mais se retrouvent pourtant chez les espèces animales. Ainsi les fourmis ont leur drogués.

Ce sont des fourmis ayant goûté au miellat d’un coléoptère nommé lomechuse.

Ces pourvoyeuses de drogue s’introduisent dans la cité sans que quiconque les arrête.

Dès qu’une fourmi a humé son parfum, elle accourt pour absorber le poison.

La queue des lomechuses ressemble précisément à des gueules de fourmis et lorsqu’elles tètent, elles doivent avoir l’impression de discuter avec une congénère.

Dès que la fourmi a goûté à ce nectar, elle ne pense qu’à une chose: continuer.

Pour avoir de la drogue, elle est prête à laisser la lomechuse manger les habitants les plus précieux: les couvains et la reine.

Elle est même prête à se laisser dévorer.

On a assisté par exemple à des scènes où la tête de la fourmi continuait de sucer la lomechuse pendant que celle-ci lui dévorait l’abdomen.

Parfois, cependant, lorsque la lomechuse s'est bien gavée d’oeufs, de reine et d’ouvrières; elle s’en va en laissant les fourmis dépendantes. Les fourmis partent alors seules dans la nature à la recherche de leur pourvoyeuse.

Si elles ne la trouvent pas, elles restent de longues heures suspendues aux extrémités des herbes.
Et ce jusqu’à la mort.

Les Fourmis

Jim Jones et le massacre de Jonestown

Publié le 16/02/2009 à 12:00 par badclown
Jim Jones et le massacre de Jonestown
Jim Jones est né en 1931 dans l'Indiana aux États-Unis. Il fonde la communauté «Église chrétienne des disciples du Christ» en 1953. Le nom de la communauté est remplacé plus tard par «Église du Plein Évangile du Temple du Peuple» appelé communément Temple du Peuple.

Il s'occupe d'orphelinats de 1961 à 1963. En 1966, Jim Jones achète une église et des immeubles à San Francisco. Les gens sont attirés par l'esprit de fraternité prêché par Jim Jones. Les fidèles quêtent dans la ville pour la communauté. De plus, chaque fidèle verse 25% de son revenu, ce montant pouvant être plus élevé allant jusqu'à la totalité du revenu.

En 1971, Jim Jones est reconnu pour ses nombreuses réalisations sociales. La presse le cite, les politiciens l'appuient.

La réputation de Jim Jones auprès du public diminue alors qu'il simule des guérisons miraculeuses dans le but d'attirer de nouveaux adeptes. Les miraculés témoignent plus tard en disant que 'c'était nécessaire pour la foi des gens simples'. En 1977, un magazine dénonce la brutalité psychologique et physique que subissent les fidèles pour les obliger à demeurer dans la communauté. Des témoignages d'anciens fidèles sont dévastateurs pour Jim Jones. Il décide de s'installer en Guyana avec plus de mille fidèles, un endroit qu'il appelle Jonestown.

Isolés du monde et convaincus que leur sort serait affreux en dehors de Jonestown, les fidèles demeurent accrochés à Jim Jones. Les pensions et les allocations de vieillesse des fidèles vont dans les coffres de Jones. Il possède des millions dans des banques étrangères.

Suite à des témoignages, le député Leo Ryan, accompagné de journalistes et de son assistante, visite les lieux. Ce qu'ils voient d'abord semble contraire aux témoignages reçus, mais le lendemain, plusieurs familles expliquent la mise en scène et supplient Ryan de les amener.

À l'aéroport, une fusillade est déclenchée par des soldats de Jim Jones, arrivés quelques minutes après les rescapés. Leo Ryan et plusieurs rescapés sont descendus. Plusieurs blessés, dont l'assistante de Ryan et un journaliste sont enfin évacués.

Le suicide collectif a lieu le 18 novembre 1978. Neuf cent quatorze personnes y sont retrouvées, dont Jim Jones, mort d'une balle dans la tête. Selon le responsable médical en Guyana, ce ne sont pas que des suicides. Plusieurs personnes auraient été tuées par injection entre les épaules, par balle et par des flèches.

Une centaine d'adeptes ont survécu.

La Pause

Le 7eme Continent

Publié le 16/02/2009 à 12:00 par badclown
Le 7eme Continent
Dans le Pacifique Nord, les courants océaniques charrient des millions de tonnes de plastique. Leur accumulation couvre désormais une zone grande comme six fois la France. Si Christophe Colomb prenait aujourd’hui la mer avec ses trois caravelles depuis Palos de la Frontera [sur la côte atlantique de l’Andalousie] et traversait l’Atlantique, il ne s’arrêterait pas sur les côtes du continent américain, puisqu’il les a déjà découvertes il y a cinq cent seize ans. Il franchirait le canal de Panamá à la recherche des Indes, sa destination initiale. Mais ce n’est pas pour autant qu’il y parviendrait car, à mi-chemin, il tomberait sur un nouveau continent.

Il s’agit de la “Grande Plaque de déchets du Pacifique”, le “septième continent”, qui se forme actuellement entre les côtes de Hawaii et de l’Amérique du Nord, à partir de millions de tonnes de détritus plastiques charriées par les courants océaniques. Dans cette région du globe, les courants, tournant dans le sens des aiguilles d’une montre, créent une spirale interminable, un puissant vortex qui fait tourbillonner les déchets en plastique tout comme le vent le fait avec des papiers gras dans un recoin d’une place. Le tourbillon, ou gyre subtropical du Pacifique Nord, accumule depuis des années des déchets plastiques venus des côtes ou issus de la navigation, les entraînant dans sa rotation et, par la force centripète, les ramenant progressivement vers son centre, une zone de faible énergie cinétique de 3,43 millions de kilomètres carrés (soit un tiers de l’Europe et plus de six fois la France).

On compte déjà dans cette partie de l’océan six tonnes de plastique pour une tonne de plancton. Ce quotient entre plastique et plancton est effrayant, et ce d’autant plus qu’il ne s’agit pas seulement de déchets de surface : sur l’essentiel de sa superficie, la couche de plastique de ce tourbillon d’ordures atteint une épaisseur pouvant aller ­jusqu’à 30 mètres.

Pas encore assez solide pour que l’on marche dessus La formation de ce “septième continent” n’est pas un problème récent, mais on ne s’y est intéressé qu’il y a peu. Bien que représentant une importante superficie de l’océan, c’est une zone peu fréquentée par la navigation. Il n’y a pas de voiliers de plaisance, pas d’exploitation par la pêche industrielle, et on ne recense que quelques îles minuscules çà et là.

Cela fait dix ans qu’on supposait l’existence d’une forte concentration de plastiques dans la zone, et Greenpeace avait donné l’alerte à plusieurs reprises, mais on ignorait l’étendue du problème jusqu’à ce qu’une organisation écologiste de la côte ouest des Etats-Unis, l’Algalita Marine Research Foundation (AMRF), publie ces chiffres au terme d’une enquête menée sur les dix dernières années. On ne peut pas encore marcher sur cet immense agglomérat de déchets, comme Jésus l’avait fait sur l’eau, mais le mouvement de rotation le rend chaque jour plus compact. Son reclassement en terrain habitable n’est pas pour demain, mais la Terre, ou plutôt l’océan, va devoir faire face à un sérieux problème.

Pour l’heure, selon des chiffres confirmés par Greenpeace, on dénombre dans cette région du Pacifique 3,3 millions de déchets de toute taille pour 1 kilomètre carré d’océan. La masse totale de ce “continent” est estimée à 3,5 millions de tonnes, en majorité du plastique. Selon des calculs de l’AMRF, la superficie de cette plaque de détritus a triplé entre 1997 et aujourd’hui, et pourrait encore être multipliée par dix d’ici à 2030.

Des détritus qui empoisonnent toute la chaîne alimentaire Les dommages causés à la vie marine seront bientôt irréparables, mettent en garde les experts. En effet, les plastiques ne sont pas biodégradables (leur durée de vie moyenne dépasse les cinq cents ans), et, au fil du temps, ils ne font que se désagréger en morceaux de plus en plus petits sans que leur structure moléculaire change d’un iota.

C’est ainsi qu’apparaissent des quantités colossales d’une sorte de sable de plastique qui, pour les animaux, a toutes les apparences de la nourriture. Ces plastiques, impossibles à digérer et difficiles à éliminer, s’accumulent ainsi dans les estomacs des poissons et des oiseaux marins, qui finissent par mourir de malnutrition. Par ailleurs, ces grains de plastique agissent comme des éponges, fixant de nombreuses toxines dans des proportions plusieurs millions de fois supérieures à la normale, comme le DDT (dichlorodiphényltrichloréthane, un pesticide) ou les PCB (polychlorobiphényles), des produits extrêmement toxiques. Les effets en cascade peuvent s’étendre via la chaîne alimentaire et toucher l’homme. Greenpeace a recensé au moins 267 espèces marines gravement affectées par ce genre d’intoxication.

Ce problème aurait bien une solution, certes digne des douze travaux d’Hercule, mais notre production de plastiques continue de croître à un rythme exponentiel, et il faudrait un changement d’habitudes radical. La technique d’élimination de ces plastiques est connue depuis des millénaires : c’est le chalut. La tâche pourrait être confiée à une partie importante de la flotte halieutique, qui voit ses ressources de pêche diminuer comme peau de chagrin. Mais la récupération de ces millions de tonnes de plastique coûterait plusieurs milliards d’euros.

S.Basco

Source : BellaCiao

A L'interieur

Publié le 16/02/2009 à 12:00 par badclown
A L'interieur
Alexandre Bustillo a une amie qui habite un pavillon en banlieu francaise et il s’est dit qu’il devait être flippant pour une femme qui vit seule, d’être importuné par un inconnu la nuit dans un quartier comme le sien. Voilà sa principale inspiration pour écrire son scénario. À L’Intérieur tend à l’ultra violence graphique, qui sera sans doute la spécialité du duo Bustillo et Maury, qui tente de réaliser des œuvres qui se démarquent des classiques à l’américaine. Leur but premier est de satisfaire les vrais fans du genre horreur goresque.

Sarah a perdu son mari après un accident de voiture très violent quelques mois auparavant. Elle est enceinte et doit accoucher le lendemain par déclenchement. C’est le réveillon de Noël et elle passera la nuit seule à la maison. Mais une femme terrifiante vient cogner à sa porte et réussit à s’infiltrer dans la maison. Cette femme veut lui voler son enfant et n’hésitera pas à lui ouvrir le ventre pour obtenir ce qu’elle veut.

À l’origine, le meurtrier devait être un homme qui tue des femmes enceintes pour se nourrir de leur placenta. Mais Bustillo s’est rétracté, trouvant cette idée trop classique. Une femme serait beaucoup plus distinctive comme assassin. L’allure de cette femme mystérieuse est inspirée du personnage de Deborah Kerr dans The Innocents, mais avec un côté gothique créant un personnage sorti des ténèbres, surnaturel et particulièrement dérangé. Les deux réalisateurs voulaient qu’elle ressemble aux meurtriers des films de Dario Argento ou Mario Bava, tout habillés de noir et gantés de cuir. L’effet voulu est extrêmement bien réussi. Lors des scènes de psychose et de meurtres, on montre Béatrice Dalle en saccadé, et saupoudrée de sons stridents, aiguës et très énervants.

Une femme enceinte dans un film d’horreur est un tabou que Bustillo a voulu utiliser pour transgresser les limites du réel. Il a voulu réaliser un Rosemary’s Baby qui offre du gore à souhait pour les VRAIS fans du genre. Alors si vous n’êtes pas attiré par ces films où la mer rouge coule à flot du début à la fin, abstenez-vous. Même le générique du début est sanguinaire! Cependant, avec un maigre budget de deux milions d’Euros, les effets spéciaux souffrent particulièrement à certains endroits. On distingue facilement le caoutchouc, le plastique, le silicone et les retouches à l’ordinateur utilisés par ce manque de budget.

Halloween de John Carpenter est aussi une source d’inspiration importante pour les décors du film. Ils voulaient reproduire la petite maison de banlieue et le cartier tranquille et paisible du film afin d’amplifier la solitude de Sarah au début du récit. La jeune femme est très dépressive, solitaire et fortement déprimée. Sa solitude est également démontrée par un jeu de lumière qui leur est inspiré du vidéoclip Lost de Noir Désir. L’éclairage est neutre et sobre au début et plus l’histoire avance, plus les images deviennent sombre. À la fin, elle est accentuée d’une teinte rougeâtre qui accompagne magnifiquement l’excès gore utilisé pour la touche finale.

Grâce à l’influence de grandes réalisations dans le monde de l’horreur, le premier essai des deux réalisateurs francais démontre quelques maladresses, mais leur amour pour le cinéma d’horreur et leur volonté d’apporter du sang neuf dans le genre ne pourra qu’être prestigieux pour leurs prochains essais. Le film démontre le potentiel et le courage de ces deux nouveaux arrivés dans le domaine, et s’ils disposent d’un budget plus important pour leur prochaines réalisations, le résultat ne pourra qu’être parfait. Le duo est justement au travail pour leur prochain film qui est annoncé pour janvier 2009. Il s’agit d’un remake du célèbre Hellraiser de Clive Barker.

NOTE : 4/5

Karine DeBlois

Source : Horreur-Web
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