Cinéma
Publié le 04/03/2009 à 12:00 par badclown
C'est dans les années 1980 que les frères Coen se décident à travailler ensemble pour le cinéma. Ils se complètent efficacement, Joel s'occupant plus de la réalisation et Ethan de la production. Leur premier long métrage est signé en 1984 pour
'Sang pour sang'. En 1987, ils connaissent leur premier gros succès avec
'Arizona Junior'. John Goodman était déjà présent. Ce dernier, s'il ne sera pas de l'aventure
'Miller's Crossing' (1990), retrouvera les deux frères dans
'Barton Fink' (1991), aux côtés de John Turturro, qui deviendra également l'un de leurs acteurs fétiches. La mise en scène et la direction des frères Coen séduisent les juges de Cannes qui leur attribuent la Palme d'or pour ce film, une nouvelle fois décalé. Préférant des histoires tortueuses et souvent mystiques avec des personnages forts, ils toucheront encore le public avec
'Fargo' (1994), récompensé de trois oscars. En 1997, après un écart 'hollywoodien' avec
'Le Grand Saut' (un échec), le duo Coen remet le couvert avec la farce
'The Big Lebowski' puis
'O'Brother', sur le thème d'Ulysse. En 2001,
'The Barber ...' récolte le prix de la Mise en scène à Cannes. Ils réalisent
'Intolérable cruauté' en 2003 avec George Clooney et Catherine Zeta-Jones. Dans
'Ladykillers', ils signent le remake d'une comédie, réalisée en 1955 par Alexander Mackendrick, avec Tom Hanks dans le rôle principal. En 2008, tout leur sourit : le film
'No Country for Old Men' triomphe aux Oscars et ils font l'ouverture de la Mostra de Venise avec
'Burn After Reading'. Empreints de modernité, Ethan et Joel Coen démontrent avec talent que l'emploi de l'humour noir et d'un ton décalé peuvent produire des chefs-d' oeuvre.
Filmographie
En général, seul Joel Coen est crédité comme réalisateur.
* 1984 : Sang pour Sang (Blood Simple)
* 1987 : Arizona Junior (Raising Arizona)
* 1990 : Miller's Crossing
* 1991 : Barton Fink
* 1994 : Le Grand Saut (The Hudsucker Proxy)
* 1996 : Fargo
* 1998 : The Big Lebowski
* 2000 : O'Brother (O'Brother Where Art Thou?)
* 2001 : The Barber : l'homme qui n'était pas là (The Man Who Wasn't There)
* 2003 : Intolérable cruauté (Intolerable Cruelty)
* 2004 : Ladykillers (The Ladykillers)
* 2006 : Paris, je t'aime - segment "Tuileries"
* 2007 : No Country for Old Men - Non, ce pays n'est pas pour le vieil homme (No Country for Old Men)
* 2007 : Chacun son cinéma - sketche "World Cinema" (le sketch n'apparait finalement pas dans le film en raison de problèmes de droits)
* 2008 : Burn After Reading
Source :
Evene
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Publié le 03/03/2009 à 12:00 par badclown
Probablement le film de guerre le plus insoutenable jamais réalisé (et en cela peut-être aussi le plus grand),
Requiem pour un massacre possède une aura quasi unique dans l’histoire du cinéma. Rare et méconnue, l’œuvre, datant de 1985, a longtemps été plus ou moins perdue avant d’être redécouverte peu à peu grâce au DVD. Basé sur des faits réels et principalement l’anéantissement de plus de 600 villages biélorusses durant la seconde Guerre Mondiale,
Requiem pour un massacre colle au regard d’un adolescent rejoignant la Résistance malgré son jeune âge. Le titre original,
Idi i smotri (
Va et regarde) est plus révélateur des choix narratifs et formels du réalisateur Elem Klimov. En effet, tout est perçu selon les sens de l’innocent, la caméra adoptant souvent directement son point de vue et la bande son se brouillant dans la confusion, comme son audition altérée par le chaos environnant.
Usant de manière sublime du format 1:33, Klimov cite largement Andréi Tarkovski, que ce soit par de longs plans séquences virtuoses ou dans son rapport aux éléments primitifs (pluie, boue, terre, feu…). A la fois ultra réaliste et fréquemment onirique (voire symbolique)
Requiem pour un massacre est avant tout une plongée dans la souffrance poussée à son paroxysme. Jamais la douleur et l’atrocité n’ont été filmées avec autant d’intensité, l’auteur refusant en grande partie les lois de la progression dramatique classique. Le crescendo dans l’horreur se fait dans l’amplitude, scandé par des scènes de foule impressionnantes mais aussi par des instants spectaculaires n’ayant rien à envier à Hollywood (bombardement, fusillades, incendie final).
Mais
Requiem pour un massacre, et c’est là sa force, n’est jamais divertissant, son immense beauté étant entièrement dédiée aux images les plus insoutenables. A tel point que le spectateur en est parfois réduit à détourner les yeux de l’écran. Les acteurs, en particulier le débutant Aleksei Kravchenko, se donnent avec tellement de puissance que l’on partage immédiatement leur calvaire. Ultime coup de génie, Klimov achève son œuvre sur une idée passionnante : jusqu’où peut-on remonter dans la généalogie du Mal et celui-ci n’est-il pas inhérent à l’humain ? Un questionnement tétanisant qui ne fait qu’ajouter davantage de profondeur à ce chef-d’œuvre.
Jean-Noël Nicolau
Source :
Ecran Large
Publié le 16/02/2009 à 12:00 par badclown
Alexandre Bustillo a une amie qui habite un pavillon en banlieu francaise et il s’est dit qu’il devait être flippant pour une femme qui vit seule, d’être importuné par un inconnu la nuit dans un quartier comme le sien. Voilà sa principale inspiration pour écrire son scénario.
À L’Intérieur tend à l’ultra violence graphique, qui sera sans doute la spécialité du duo Bustillo et Maury, qui tente de réaliser des œuvres qui se démarquent des classiques à l’américaine. Leur but premier est de satisfaire les vrais fans du genre horreur goresque.
Sarah a perdu son mari après un accident de voiture très violent quelques mois auparavant. Elle est enceinte et doit accoucher le lendemain par déclenchement. C’est le réveillon de Noël et elle passera la nuit seule à la maison. Mais une femme terrifiante vient cogner à sa porte et réussit à s’infiltrer dans la maison. Cette femme veut lui voler son enfant et n’hésitera pas à lui ouvrir le ventre pour obtenir ce qu’elle veut.
À l’origine, le meurtrier devait être un homme qui tue des femmes enceintes pour se nourrir de leur placenta. Mais Bustillo s’est rétracté, trouvant cette idée trop classique. Une femme serait beaucoup plus distinctive comme assassin. L’allure de cette femme mystérieuse est inspirée du personnage de Deborah Kerr dans
The Innocents, mais avec un côté gothique créant un personnage sorti des ténèbres, surnaturel et particulièrement dérangé. Les deux réalisateurs voulaient qu’elle ressemble aux meurtriers des films de Dario Argento ou Mario Bava, tout habillés de noir et gantés de cuir. L’effet voulu est extrêmement bien réussi. Lors des scènes de psychose et de meurtres, on montre Béatrice Dalle en saccadé, et saupoudrée de sons stridents, aiguës et très énervants.
Une femme enceinte dans un film d’horreur est un tabou que Bustillo a voulu utiliser pour transgresser les limites du réel. Il a voulu réaliser un
Rosemary’s Baby qui offre du gore à souhait pour les VRAIS fans du genre. Alors si vous n’êtes pas attiré par ces films où la mer rouge coule à flot du début à la fin, abstenez-vous. Même le générique du début est sanguinaire! Cependant, avec un maigre budget de deux milions d’Euros, les effets spéciaux souffrent particulièrement à certains endroits. On distingue facilement le caoutchouc, le plastique, le silicone et les retouches à l’ordinateur utilisés par ce manque de budget.
Halloween de John Carpenter est aussi une source d’inspiration importante pour les décors du film. Ils voulaient reproduire la petite maison de banlieue et le cartier tranquille et paisible du film afin d’amplifier la solitude de Sarah au début du récit. La jeune femme est très dépressive, solitaire et fortement déprimée. Sa solitude est également démontrée par un jeu de lumière qui leur est inspiré du vidéoclip
Lost de Noir Désir. L’éclairage est neutre et sobre au début et plus l’histoire avance, plus les images deviennent sombre. À la fin, elle est accentuée d’une teinte rougeâtre qui accompagne magnifiquement l’excès gore utilisé pour la touche finale.
Grâce à l’influence de grandes réalisations dans le monde de l’horreur, le premier essai des deux réalisateurs francais démontre quelques maladresses, mais leur amour pour le cinéma d’horreur et leur volonté d’apporter du sang neuf dans le genre ne pourra qu’être prestigieux pour leurs prochains essais. Le film démontre le potentiel et le courage de ces deux nouveaux arrivés dans le domaine, et s’ils disposent d’un budget plus important pour leur prochaines réalisations, le résultat ne pourra qu’être parfait. Le duo est justement au travail pour leur prochain film qui est annoncé pour janvier 2009. Il s’agit d’un remake du célèbre
Hellraiser de Clive Barker.
NOTE : 4/5
Karine DeBlois
Source :
Horreur-Web
Publié le 16/02/2009 à 12:00 par badclown
Passionné de cinéma depuis son plus jeune âge, Park Chan-wook crée lors de ses études à l'Université de Sogang le club Movie Gang. Son diplôme de philosophie en poche, il en profite pour publier plusieurs essais critiques sur le cinéma avant de signer son premier long métrage en 1992 :
Moon is the sun's dream, un film de gangsters se déroulant à Pusan, l'une des plus grandes villes de Corée du Sud. Il enchaîne en 1997 avec
The trio, un portrait comique de trois personnages hors-la-loi.
En 2000, le thriller
Joint security area l'impose comme un des cinéastes majeurs du nouveau cinéma coréen. Le film reçoit plusieurs récompenses dont le Prix du meilleur film et du meilleur réalisateur au Festival du Film asiatique de Deauville ainsi que le Prix Spécial du Jury au Festival international du Film de Seattle.
2002 est une année clé pour le cinéaste qui se distingue en réalisant
Sympathy for Mr. Vengeance, un descente aux enfers sans concession présenté au Festival du Film policier de Cognac en 2003. Un an plus tard, Park Chan-Wook adapte le manga
Old boy avec Min-sik Choi dans le rôle principal. Sélectionné en Compétition à Cannes (l'année où Quentin Tarantino est Président du Jury), le film obtient le Grand Prix et consacre au passage le réalisateur sur la scène internationale.
Park Chan-Wook signe ensuite le volet intitulé
Cut du triptyque
3 extrêmes (auquel participe aussi le cinéaste japonais prolifique Takashi Miike). Puis il réalise
Lady Vengeance qui boucle sa "trilogie de la vengeance", entamée avec
Sympathy for Mr. Vengeance et poursuivie par
Old boy. Une oeuvre violente empreinte d'un humour noir incisif qui révèle tout le talent du cinéaste.
En 2007, il change de registre avec
Je suis un cyborg, une histoire d'amour à la fois loufoque et mélancolique entre deux internés d'un hôpital psychiatrique. Un film qu'il qualifie lui-même de "bouffée d'oxygène" entre ces différents projets et qui lui vaut d'être distingué à la Berlinale par le prix Aflred Bauer récompensant le film le plus novateur de la sélection.
Filmographie :
Réalisateur
* 1992 : Moon Is the Sun's Dream (달은 해가 꾸는 꿈)
* 1997 : 3 Members (3인조)
* 1999 : Judgement (Simpan) (심판) (court-métrage de 26 minutes)
* 2000 : Joint Security Area (Gongdong gyeongbi guyeok JSA) (공동경비구역 JSA)
* 2002 : Sympathy for Mister Vengeance (Boksuneun naui geot) (복수는 나의 것)
* 2003 : If You Were Me (Yeoseot gae ui siseon) (여섯개의 시선) (compilation de courts-métrages de différents réalisateurs)
* 2003 : Old Boy (Oldboy) (올드보이)
* 2004 : 3 extrêmes (Three... Extremes) (쓰리, 몬스터 : 컷) (segment Cut)
* 2005 : Lady Vengeance (Chinjulhan geomjasshi) (친절한 금자씨)
* 2006 : Je suis un cyborg (Sai bo gu ji man gwen chan a) (싸이보그지만 괜찮아 )
Scénariste
* 1999 : Judgement (Simpan) (심판) (court-métrage de 26 minutes)
* 2000 : The Anarchists (아나키스트), de Yu Yeong-sik
* 2000 : Joint Security Area (Gongdong gyeongbi guyeok JSA) (공동경비구역 JSA)
* 2001 : The Humanist (휴머니스트), de Lee Mu-yeong
* 2002 : Sympathy for Mister Vengeance (Boksuneun naui geot) (복수는 나의 것)
* 2002 : Taekwon Girl (Cheoleobtneun anaewa paramanjanhan nampyeon geurigo taekwon sonyeo) (철없는 아내와 파란만장한 남편 그리고 태권소녀), de Lee Mu-yeong
* 2003 : If You Were Me (Yeoseot gae ui siseon) (여섯개의 시선) (compilation de courts-métrages de différents réalisateurs)
* 2003 : Old Boy (Oldboy) (올드보이)
* 2004 : 3 extrêmes (Three... Extremes) (쓰리, 몬스터 : 컷) (segment Cut)
* 2005 : Lady Vengeance (Chinjulhan geomjasshi) (친절한 금자씨)
* 2006 : Je suis un cyborg (Sai bo gu ji man gwen chan a) (싸이보그지만 괜찮아 ) (co-scénariste Jeong Seo-kyeong)
Source :
Allociné